Les grandes voies de l’amour
Ce mois-ci, nous vous proposons de lire un extrait du livre Les grandes voies de l’amour, publié par la Diffusion Rosicrucienne. Il a été écrit par Aline Charest, journaliste et conférencière à Montréal, au Québec.

Chapitre IV
L’AMOUR DE L’HUMANITÉ


La plus grande pauvreté, c’est de ne pas être aimé !
MÈRE TERESA.

Le passage de l’individuel au collectif, de l’humain à l’humanité, est l’étape cruciale de l’évolution de l’amour, la métamorphose vers laquelle se dirige la somme de nos énergies humaines. Il coïncide avec l’approche d’un âge nouveau, annoncé par Teilhard de Chardin, «où le monde rejettera ses chaînes pour s’abandonner au pouvoir de ses affinités internes», avec ce que Sri Aurobindo appelle l’acquisition «de penser globalement» au bien-être de tous les êtres vivants.

Or, si les sociétés ont échoué à ce jour dans cette démarche qui tend à sauver à la fois l’ensemble et les éléments, «c’est qu’elles ont considéré la personne comme secondaire, et posé à la tête des programmes sociaux un organisme impersonnel. Donc, les éléments qui l’acceptent vont voir décroître leur personnalité. Leurs propres mécanismes les mécanisent. Il ne reste plus alors que la force pour commander les rouages de l’énergie humaine. Au contraire, imaginons une terre où les humains tendraient à réaliser leur accession à un Être dont chacun reconnaîtrait une vivante participation1». Aimez-vous les uns les autres. La seule issue en avant est dans la direction d’une passion commune, sous la forme d’un amour unique où se réaliserait la totalisation de l’énergie humaine.

Vers où allons-nous en tant qu’humanité ? Nous allons individuellement jusqu’au bout de nous-mêmes, car la conscience ne peut ni s’arrêter ni revenir en arrière. «Tout accroissement de vision interne est le germe d’une vision nouvelle. Elle inclut les autres et va plus loin. Au-dessus de notre âme, il y a la «surâme» : des espaces psychiques que rien ne limite2.» Nous allons collectivement vers «une terre où, comme il arrive déjà, c’est pour savoir et être qu’on donnera sa vie». Un jour, nous épuiserons nos mines, nos puits de pétrole, mais nous n’épuiserons jamais notre soif de savoir, ni notre pouvoir de créer, et encore moins notre désir profond d’aimer et d’être aimé. «Car l’amour ne passera jamais», disait saint Paul.

L’être humain est en chemin vers l’ultra-humain, vers le sens collectif de l’humanité. Teilhard de Chardin écrivait que par-delà les conflits de sociétés, de pays et de races, l’humanité verra s’éveiller un sens de l’humanité comme totalité, qui consistera à faire grandir les individus en faisant grandir l’humanité. La direction nouvelle qui sera donnée à l’évolution humaine ne pourra se faire sans une transformation créatrice de l’amour. Pour Sri Aurobindo, l’avènement d’une conscience supramentale entraînera une humanité nouvelle, dont la caractéristique essentielle sera la réceptivité. Dans un tel monde, «le cœur pourra répondre directement au cœur» et nous verrons tous par un «unique regard innombrable»3. Ainsi, pour ces deux visionnaires, l’avènement de l’humanité, en tant que «corps vivant doté d’une âme commune», dépendra de notre ardeur à aimer.

L’amour de l’humanité fait que l’on se sent concerné par les souffrances et la misère humaines. Dans l’état du monde actuel, la pauvreté est un scandale planétaire dont nous sommes tous responsables.

- Fin de l'extrait -

Chapitre VII
LE POUVOIR DE GUÉRISON DE L’AMOUR


J’avance dans l’infini pouvoir de la nature. Je possède le feu de l’âme.
Je détiens la vie et la guérison.
LE RIG-VEDA.

Tout se fait par amour. J’ai compris que seul l’amour guérit.
THÉRÈSE D’AVILA.

Le bonheur est le but fondamental de tout organisme vivant, mais il ne peut être atteint de façon durable sans l’amour. Car l’amour est l’essence même de la vie. Il est aussi indispensable à notre survie que le sont l’air, l’eau et la nourriture. L’amour n’est pas seulement une expérience psychologique : il transforme aussi notre biologie. Ainsi, les petits mammifères, du lapin au chimpanzé, ne pourront se développer de façon normale si on les prive de l’amour de leur mère. De même, les très jeunes enfants gravement privés d’amour peuvent présenter un retard de croissance, ou même un syndrome rachitique. En fait, des recherches menées pendant une vingtaine d’années prouvent, de façon irréfutable, les effets de l’amour sur notre physiologie et son importance pour la survie de l’être humain.

«Des études scientifiques ont montré que la simple vue d’un acte de compassion renforce notre système immunitaire1», avance le Dr Deepak Chopra, endocrinologue, dans son livre intitulé Vivre en rajeunissant. En effet, le psychologue David McClelland de l’université de Harvard, a découvert que la production d’anticorps augmentait chez les étudiants qui regardaient un film montrant Mère Teresa consolant un enfant malade, et qu’elle diminuait quand on leur présentait des scènes de guerre.

Une étude de pointe, menée par David Spiegel de l’université de Stanford, révèle aussi que des femmes atteintes de métastases cancéreuses, qui sont supportées par des groupes de soutien chaleureux, survivent en moyenne deux fois plus longtemps que celles qui ne reçoivent aucun support affectueux. Et des hommes ayant subi un infarctus s’en sortent mieux s’ils se savent aimés de leur conjointe. Bien plus : un seul appel téléphonique mensuel, provenant d’une infirmière attentionnée du service de cardiologie, peut doubler la durée de survie d’un patient cardiaque.

La tendresse et l’affection peuvent aussi réduire les risques de maladie chez les animaux. Lors d’une expérience menée à l’université d’état de l’Ohio, on a donné à deux groupes de lapins une alimentation très riche en cholestérol. Les lapins du premier groupe étaient caressés par les techniciens, alors qu’ils ne touchaient pas ceux du second groupe. À la fin de l’expérience, il s’avéra que la quantité de dépôts lipidiques dans les vaisseaux des lapins qui avaient reçu des caresses sur une base régulière ne représentait que 10 % de celle des lapins n’ayant pas été câlinés. «L’amour est métabolisé dans la physiologie, et il peut faire la différence entre la santé et la maladie, entre la vie et la mort2», dit le Dr Chopra.

Dans une autre enquête, conduite par James Houston du centre de recherche de l’université du Michigan, les enquêteurs ont pu établir que participer à des missions bénévoles, agir auprès des autres avec chaleur et compassion, augmente nettement l’espérance de vie, et probablement la vitalité générale. «Venir en aide aux autres induit un sentiment de bonheur, apaise l’esprit, atténue la dépression3», affirme le psychiatre Howard Cutler.

Ces résultats d’études scientifiques ne surprennent pas ceux et celles qui ont connu l’exaltation et la vitalité que l’on ressent lorsqu’on aime et que l’on se sent aimé. Nous avons tous aussi déjà éprouvé l’angoisse et le désespoir que provoquent la séparation et le rejet de l’être aimé. «Dans le cerveau de ceux qui souffrent de la perte d’un amour, il se produit des modifications chimiques, qui influent sur chaque cellule de leur corps et qui augmentent considérablement les risques de contracter toutes sortes de maladies, du cancer à la maladie cardiaque4

Par ailleurs, l’exaltation, l’enthousiasme et l’euphorie générés par l’amour nous revitalisent et accroissent notre bien-être physique et émotionnel. Nous nous sentons bien, car les changements biologiques qu’il génère nous rendent heureux, joyeux et paisibles. Bref, «l’amour nous guérit, nous nourrit et nous fait du bien. Il modifie notre physiologie en améliorant notre santé et notre vitalité», résume le Dr Chopra.

Dans ce chapitre, nous verrons comment l’amour se révèle aussi puissant qu’un remède, comment il aide à guérir nos souffrances du passé et à prévenir les maladies, et comment il est la source du bonheur profond et durable. Mais d’abord, quel est l’effet physiologique du bonheur ? Et de quel bonheur s’agit-il ?

- Fin de l'extrait -

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