Lecture du mois

    Les Rêves

    Ce mois-ci, nous vous proposons de lire un extrait du livre Les rêves, messagers de l’âme, publié par la Diffusion Rosicrucienne. Il a été écrit par Robert Blais.


    Les rêves, messagers de l’âme

    1. Les rêves puisent leur connaissance à la même source que l’intuition et la méditation..

    L’intérêt accordé aux rêves par la science et la psychologie est très récent par rapport à l’enseignement des grandes traditions spirituelles. Comme nous l’avons vu dans le chapitre consacré à l’histoire du rêve, la tradition onirique remonte à la plus haute Antiquité. Depuis l’enseignement donné dans les temples de l’Égypte antique jusqu’aux organisations mystiques actuelles, les rêves ont toujours fait l’objet de la plus grande attention dans les écoles de spiritualité.

    Si la psychologie les considère comme les messagers de l’inconscient et la science comme un phénomène d’hygiène cérébrale, la tradition mystique leur attribue une fonction spirituelle. Ils y apparaissent comme les messagers de l’âme, au même titre que l’intuition et la méditation.

    Au cours de ce chapitre, nous examinerons donc ce que les enseignements spirituels nous apprennent à propos des rêves. Nos réflexions porteront sur trois points principaux : l’origine des rêves, la projection nocturne et les rêves mystiques.

    L’origine des rêves.

    Pour bien comprendre le point de vue spirituel sur l’origine des rêves, il est utile d’examiner brièvement la nature de l’âme humaine et les divers niveaux de conscience à travers lesquels elle s’exprime.

    L’âme humaine.

    Selon les enseignements perpétués par la Rose-Croix (77), l’être humain possède une nature double. Il est composé de matière et d’esprit, d’un corps et d’une âme. Celle-ci peut être définie comme une énergie spirituelle qui pénètre le corps de l’enfant lors de sa première respiration et quitte le mourant à son dernier souffle ; on dit alors avec justesse qu’il rend l’âme. L’âme humaine ne siège pas en un endroit déterminé du corps, mais elle l’imprègne tout entier, lui donnant « vie et conscience ». D’un point de vue mystique, c’est cette présence intime de l’âme qui explique l’étonnante sagesse du corps qui se construit et se guérit avec un savoir-faire qui dépasse l’entendement. On pourrait, en faisant les nuances nécessaires, fournir une explication analogue à l’intelligence déployée par la nature dans ses efforts de développement et d’auto-régénération. Mais restons-en à la compréhension de l’âme humaine.

        Nous affirmions plus haut que l’âme fournit au corps « vie et conscience ». En plus d’infuser la vie et l’intelligence aux cellules de notre corps, elle est également la source de la conscience spécifique à l’espèce humaine : la conscience de soi. Toujours à la lumière des enseignements spirituels, nous pouvons affirmer que la conscience de soi n’est pas un produit de l’activité neuronale, mais un attribut de l’âme. D’ailleurs, certains évènements forcent à reconnaître la préséance de la conscience sur le cerveau. C’est le cas des expériences de mort imminente où des êtres déclarent avoir conscience de leur existence personnelle et de leur environnement alors que l’encéphalogramme indique que le cerveau est tout à fait inactif.

        Un minimum de rigueur intellectuelle oblige alors à reconnaître que la conscience peut opérer sans le cerveau. Si une personne revenue à la conscience ordinaire peut décrire avec précision les actions des médecins qui la soignaient, alors que ses yeux étaient fermés, ses nerfs optiques inopérants et son cerveau inefficace, c’est qu’elle utilisait un système de perception indépendant du système neuronal. Ces phénomènes bien connus ajoutent de la crédibilité au fait que la conscience dépend de l’âme et non du cerveau. Précisons toutefois que cela n’enlève rien à la valeur de ce dernier. Lorsque l’âme est incarnée, il demeure un outil indispensable pour l’apprentissage et la mémorisation ; il suffit d’ailleurs d’un dérèglement minime de ses fonctions pour mettre en péril l’équilibre psycho-cognitif. Mais cela n’en fait pas pour autant le maître de la conscience ; il en est plutôt l’instrument, tout comme le corps entier est le serviteur de l’âme. L’âme ne meurt pas avec le corps, ni la conscience avec le cerveau.

        Pour terminer cette brève étude de l’âme humaine, ajoutons qu’elle poursuit un but particulier en choisissant de prendre corps, de s’incarner. Le mysticisme enseigne que l’âme humaine, quoique virtuellement parfaite en raison de son origine divine, n’est pas consciente de sa perfection et c’est pour acquérir cette conscience qu’elle s’incarne et se réincarne sur le plan terrestre. Comme le déclare Serge Toussaint dans un livre traitant de la doctrine et de l’éthique des Rose-Croix : « Tout être humain possède une âme qui provient de l’Âme universelle, laquelle est elle-même une émanation de Dieu. Autrement dit, l’homme est de nature divine, ce qui fait de lui un être virtuellement parfait. Toutefois, il n’a pas conscience de cette perfection latente et ne l’exprime pas (…) dans sa manière de penser, de parler et d’agir. (78) » Au fil de ses expériences terrestres, l’être humain en arrive à s’identifier totalement à son âme, plutôt qu’à son corps ou à son mental. Son comportement reflète alors parfaitement sa nature intérieure, son moi divin. Il a atteint un état de communion spirituelle à laquelle les mystiques des différentes époques ont donné des noms divers : nirvana, état christique, fusion avec l’Absolu, etc.

    - Fin de l'extrait -