Lecture du mois

Le Ministère de l'Homme-Esprit

Ce mois-ci, nous vous proposons de lire un extrait du livre Le Ministère de l'Homme-Esprit, publié par la Diffusion Rosicrucienne. Il a été écrit par Louis-Claude de Saint-Martin.


Le Ministère de l'Homme-Esprit

 

Les colombes du cœur

Le Ministère de l’Homme-Esprit peut être considéré à juste titre, comme le testament spirituel de Louis-Claude de Saint-Martin. D’abord parce qu’il constitue son dernier ouvrage, mais aussi parce qu’il est probablement celui dans lequel il s’exprime le plus clairement.

C’est en 1802, chez Migneret à Paris, que ce livre connaît sa première édition. Après cette publication, le Philosophe Inconnu n’offre plus de production personnelle à ses lecteurs, mais ses traductions des œuvres de Jacob Boehme. Depuis quelques années en effet, notre philosophe consacre une grande partie de son temps à la traduction des livres de cet auteur.

Le Ministère de l’Homme-Esprit témoigne de l’influence de Jacob Boehme sur le Philosophe Inconnu. Cette marque est si présente que J.M. Quérard présentait ce livre comme étant la traduction d’un ouvrage de Boehme. Il est certain que dans ce livre, les idées de Boehme sont très présentes. Des thèmes comme ceux de la Sophia, de l’Eternelle Nature, ou de l’imitation du Christ montrent à quel point notre philosophe avait fait sienne les principales données du cordonnier de Görlitz.

Certaines pages du Ministère de l’Homme-Esprit se présentent effectivement comme un condensé des théories que Boehme expose dans son ouvrage intitulé : « L’Aurore Naissante ». Dans le premier chapitre du Ministère, le Philosophe Inconnu consacre seize pages à une explication des sept puissances de la nature et de la structure de l’univers selon les théories de Boehme. Ces pages comprennent une description de chaque astre du système solaire. Dans ces textes, Saint-Martin a utilisé de larges extraits du chapitre vingt-cinquième de l’Aurore Naissante : « Du corps entier de la génération des étoiles ; c’est-à-dire, l’universelle astrologie, ou le corps entier de ce monde1 ». Même si l’influence de Boehme est très présente dans ce livre, il n’en reste pas moins vrai que la réflexion que Saint-Martin propose à ses lecteurs, reste profondément originale.

Ce livre ne porte plus sur des notions rudimentaires, il suppose le lecteur au fait des données élémentaires contenues dans les précédents ouvrages de l’auteur. Toujours fidèle à l’objectif essentiel du Philosophe Inconnu, il a pour but d’exposer aux hommes «… le tableau de leurs véritables titres, et de faire, que frappés par la grandeur de leur origine, ils ne négligent rien pour faire revivre leurs privilèges…2

En exergue de son livre, Louis-Claude de Saint- Martin pose en affirmation une phrase extraite de son ouvrage précédent : « L’Homme est le mot de toutes les énigmes ». A l’image de Descartes qui eut l’idée d’appliquer l’algèbre à la géométrie, Saint-Martin voudrait faire de l’homme, « l’universel instrument », la mesure qui permet de tout analyser et comprendre. Cette connaissance aura, selon lui, pour conséquence essentielle de rétablir l’homme dans ses prérogatives perdues. Dans cette position, il pourra enfin remplir son « Ministère ».

 

  1. A titre d’exemple le lecteur  pourra comparer  le texte de Saint-Martin concernant Jupiter (éd. Migneret 1802 p 106 à 107) avec celui de Boehme aux paragraphes : 76, 81, 78, 82, 110 de L’Aurore Naissante, (traduit de l’Allemand sur l’édition d’Amsterdam de 1682 par le Philosophe Inconnu, Paris imprimerie de Laran et Cie tome second, p 299 à 306).
  2. Le Ministère de l’Homme-Esprit ; Migneret 1802 page IX.

- Fin de l'extrait -